Projet innovant PISTil

Piégeage Innovant pour la Surveillance des Tiques et la Lutte antivectorielle en Occitanie

Porteuse du projet : Hélène JOURDAN (CIRAD, UMR ASTRE, Montpellier)

Les tiques transmettent de nombreuses maladies qui touchent les humains et les animaux. Leur présence augmente dans certaines régions du monde, notamment à cause du changement climatique et des activités humaines. Pour limiter les risques sanitaires, il est important de mieux connaître les espèces de tiques présentes dans l’environnement et leur mode de vie. Aujourd’hui, les scientifiques utilisent surtout des méthodes de capture manuelles, comme le drap traîné au sol ou le prélèvement sur les animaux. Cependant, ces techniques sont peu efficaces pour certaines tiques discrètes vivant dans les terriers, les nids ou associées à la faune sauvage. Ce projet vise à développer de nouveaux pièges basés sur l’attraction, peu coûteux et faciles à reproduire pour améliorer la détection et la surveillance des tiques. Les résultats attendus permettront de mieux suivre la présence de ces vecteurs et d’améliorer la prévention des maladies qu’ils transmettent.

Partenariat

Équipe porteuseHélène JOURDAN & Laurence VIAL
UMR ASTRE, Montpellier
Équipe co-porteuse & Karen McCOY
MIVEGEC, Montpellier
Équipe co-porteuseHélène VERHEYDEN & Nicolas CÈBE
CEFS, Toulouse

L’objectif de ce projet est de développer des pièges à tiques innovants, peu coûteux et reproductibles, afin d’améliorer la surveillance des tiques vectrices d’agents pathogènes en Occitanie. Nos espèces cibles seront : (i) Ornithodoros moubata, une espèce modèle au laboratoire, vectrice du virus de la Peste Porcine Africaine [2] et de Borrelia en Afrique Australe, (ii) Ornithodoros maritimus, une tique d’oiseaux de mer vectrice de Borrelia et Babesia, présente en Méditerrannée [3], et Hyalomma marginatum, une tique dure invasive en France, vectrice du virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo [4, 5]. À plus long terme, ces pièges pourraient servir dans une lutte antivectorielle contre les tiques sans recours aux acaricides.

Les résultats attendus sont :

1. Identification d’attractifs efficaces pour le piégeage des tiques en conditions contrôlées ;

2. Développement d’un prototype de piège standardisé, reproductible, open-source (plans et modèles 3D accessibles) et à faible coût ;

3. Validation de ces dispositifs en conditions réelles pour améliorer nos connaissances sur la distribution et l’écologie de certaines espèces de tiques en Occitanie ;

Le caractère innovant du projet repose sur l’utilisation d’attractifs alternatifs, le développement de pièges à faible coût, et leur potentiel de déploiement à large échelle par des acteurs de la société civile (éleveurs, chasseurs…).

Ce projet met en collaboration l’UMR ASTRE, l’UMR MIVEGEC et l’UMR CEFS sur ce projet qui traite globalement de l’écologie des tiques. Nos unités ont déjà collaboré sur des thématiques « Tiques » dans le passé (notamment à travers un projet RIVOC HolisTique ou en ce moment avec le projet ANR CytoTicks) mais ce projet renforce nos interactions sur les questions de distribution/écologie/surveillance. Les pièges développés pourraient être utilisés par d’autres UMR travaillant sur les tiques en France ou à l’étranger. L’UMR ASTRE collabore notamment avec UC Davis aux USA sur l’écologie des tiques molles avec un premier essai de capture avec des pièges à CO2 et a aussi réalisé des campagnes de terrain en Afrique Australe où des pièges à CO2 ont été testés mais où la limitation principale était la fourniture en carboglace.

Le développement de piège cherchera donc à concilier toutes les contraintes de terrain et d’espèce, d’après les nombreuses expériences de terrain que les collaborateurs ont.